Désirer en conscience 1/3

Nouveau-né en peau à peau dans les bras de son papa
Désirer un enfant est le tout début d’une histoire qui commence bien plus tôt qu’on ne l’imagine, au-delà même de notre naissance. Elle nous renvoie à notre propre conception, avec tout ce que nos parents ont pu y mettre d’eux-mêmes. Car la façon qu’ils ont eue de nous désirer, de nous accueillir à la naissance, puis de nous élever, va fortement influer notre propre envie de concevoir un enfant, et de nous projeter en tant que parent.
 

DES IMPLICATIONS ÉNORMES SUR SA VIE

La conception et l’arrivée d’un enfant impactent directement la vie d’un futur parent, on ne peut l’ignorer tant le sujet ne cesse d’être évoqué. Et pourtant. Personne n’est réellement préparé à ce bouleversement énorme. Même lorsqu’on a bien réfléchi à ce que ça pouvait être, qu’on a suivi des préparations à la naissance, qu’on a échangé avec de nombreux parents qui s’ouvrent authentiquement, on peut se retrouver dépassé par la réalité. Et c’est normal! Nous verrons un peu plus loin quelques clés pour gérer ça au mieux.
 

UN TOURNANT UNIQUE DANS SES RESPONSABILITÉS

Pour la première fois de notre vie, nous devenons responsable, en totalité, de la vie et du bien-être d’une autre personne. Nous ne sommes généralement pas seul responsable, mais cette lourde charge, qui est bel et bien partagée entre les parents d’un enfant, nous incombe tout de même en totalité. Nous devons y mettre tout notre être, toute notre énergie car, si nous faillons, l’autre parent ne pourra pas forcément rattraper le coup. Et il est aussi garant de la totalité du bien-être de notre enfant.
 
Cette responsabilité est unique dans notre existence car c’est par nous que cette nouvelle vie arrive. C’est de nous qu’elle provient directement, et ça nous place dans une position inédite qu’on ne peut trouver autrement. Que ce soit en créant une entreprise ou une association de grande envergure ou même en devenant président de la République.
 
Cette implication sans faille vis-à-vis de notre futur enfant doit être mûrement réfléchie car elle pèsera énormément sur nos choix futurs, sur notre liberté d’homme. Et on ne peut revenir en arrière. C’est ça qui fait la difficulté et, à la fois, l’immense beauté de la parentalité.
 

UNE VIE DE COUPLE IMPACTÉE

Un désir d’enfant, c’est généralement une histoire de couple. C’est l’envie de s’engager encore plus loin ensemble, de se retrouver au travers d’un être qui nous unit à jamais. Et si l’arrivée d’un bébé au sein du foyer peut, lorsqu’elle est bien préparée, sublimer le couple, elle peut aussi représenter de sacrés défis. Une chose est sûre, ça affecte forcément notre relation amoureuse.
Non seulement de nombreux enjeux sont présents (éducation, affection) et de nombreux obstacles peuvent survenir comme nous le verrons plus loin (complications diverses, pépins de la vie), mais il faut aussi prendre en compte la biologie humaine, très présente dans ces moments, via les hormones. Les hormones liées notamment à la grossesse et à l’allaitement font partie du quotidien, et on en néglige souvent la puissance car il s’agit de quelque chose d’invisible.
 
Libido chancelante, voire absente parfois – et pas seulement chez les femmes – au sein du couple, parcours de conception complexe, naissance difficile, vision de l’avenir familial pas suffisamment discutée en couple, commentaires des uns et des autres, mauvais accompagnement à la naissance, sont autant de difficultés à prendre en compte pour une vie familiale harmonieuse autour du désir d’enfant.
 

UN CHEMIN PARFOIS SINUEUX

Lorsqu’on se projette dans la parentalité, on voit souvent les bons côtés, et c’est humain. Cependant, la vie peut nous jouer des tours, et le chemin ne s’avère pas toujours aussi évident que ce qu’on s’imaginait.
 
La conception est parfois en soi une première épreuve. Elle peut être vraiment très difficile à traverser (nous y reviendrons dans un prochain article) lorsque l’enfant est désiré et que sa venue tarde ou, au contraire, lorsqu’un petit être s’annonce sans qu’on s’y attende. Le chemin de la vie est aussi, malheureusement, jalonné de peines très rudes, telles qu’on peut en connaître en traversant une fausse couche.
 
Il arrive aussi que le nouveau-né ne corresponde pas aux « attentes » qu’on avait. Durant la grossesse, on projette souvent beaucoup l’enfant idéal et la réalité d’un nourrisson tout fripé, parfois un peu déformé par l’accouchement, ou n’ayant simplement pas les cheveux, les yeux, ou le visage qu’on imaginait, peut nécessiter un temps d’adaptation.
 
Ça arrive rarement, mais il faut avoir conscience de cette possibilité : l’enfant qui se présente à nous peut être « vraiment » différent. Il peut naître avec un handicap physique ou mental (qui peuvent ne pas être visibles d’emblée) qu’il va falloir prendre le temps d’accueillir pour faire le deuil de l’enfant idéal qu’on projetait. Enfin, un bébé arrive quelques fois plus tôt que prévu et sa situation d’hyper-dépendance va nécessiter une prise en charge médicale parfois lourde, souvent impressionnante et frustrante, avant qu’il puisse arriver plus sereinement dans le cocon du foyer.
 
De façon plus classique et moins dramatique, la grossesse est une épreuve pour la maman, ça va de soi, et elle a besoin d’un accompagnement attentif de son compagnon. Pour le papa aussi, qui est souvent oublié ou relégué au second plan. Il joue généralement le rôle de pilier, d’intendant, de confident parfois, de masseur, de chauffeur, d’assistant shopping, etc. Être un futur papa serein ce n’est pas si évident, et les motifs d’épuisement, de désillusion, voire de découragement sont nombreux.
 
Enfin, une fois l’enfant arrivé dans le foyer, et avec tout le bonheur que ça engendre, un manque de préparation et d’échange au sein du couple parental peut engendrer des incompréhensions mutuelles, des inconforts. Non verbalisés, ils peuvent faite naître et nourrir de véritables rancœurs. De même, un projet parental peu discuté peut amener à se rendre compte que sa vision de la vie de famille et de l’éducation d’un enfant et celle de son conjoint sont si différentes qu’elles sont finalement incompatibles.
 

Lire la deuxième partie de l’article

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